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Ouverture de l'AC de Saint-Hubert, Luxembourg
Nous étions bien accueillis !
L'animation commence...
Voici les deux animatrices de l'Alzheimer Café!
Merci pour leur accueil chaleureux
C'est l'Automne, et l'ouverture d'un AC à Herbeumont, Luxembourg
La conférence de presse était comble!
Merci à tous...
Vous pouviez poser vos questions sur la maladie et raconter votre vécu...
Photo traditionnelle avec le drapeau !
Voilà les deux animatrices en charge de l'Alzheimer Café !
Merci à elles

Médicament anticancéreux pour traiter Alzheimer? Prudence!

Voici quelques jours que la presse fait état d’un médicament prometteur dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Ce traitement contre le cancer a permis de restaurer les fonctions cérébrales de souris de laboratoire génétiquement modifiées pour servir de modèle de maladie d’Alzheimer. Ces résultats sont certes encourageants mais il faut éviter de s’emballer.

 

 

Le Bexarotène (nom commercial: Targetin) est un agent pharmacologique utilisé depuis plusieurs années comme traitement dans une forme particulière de cancer cutané, le lymphome à cellules T. Une équipe américaine a récemment publié les résultats d’une étude de ce médicament chez des souris modifiées génétiquement pour servir de modèle de maladie d’Alzheimer. Ils ont observé une amélioration des performances de mémoire et de comportement chez les souris traitées, parallèlement à une réduction dans leur cerveau des formes solubles de protéine bêta-amyloïde et ensuite de la quantité de plaques d’amyloïde insoluble. Il semble que l’action du bexarotène est liée à l’action de ce médicament sur l’apolipoprotéine E. Ces résultats sont certes encourageants mais il faut éviter de s’emballer. Les résultats observés sur les souris ne sont pas directement transposables aux êtres humains; les mécanismes sous-jacents à l’effet pharmacologique et la toxicité du médicament ne sont pas toujours identiques d’une espèce à l’autre. Des tests sur plusieurs espèces animales doivent donc être menés avant l’application à l’homme. Ce ne serait malheureusement pas le premier produit pour lequel les résultats préliminaires ne sont pas confirmés par la suite. Rappelons par ailleurs qu’entre les premières études d’un médicament chez l’animal et l’application clinique chez l’être humain, il se passe souvent 5 à 10 ans.

 

Jean-Louis Pepin

Neurologue  (CHR Citadelle)

Pour un meilleur diagnostic – les réactions

Nous vous l’annoncions il y a quelques jours : de nouvelles directives dans l’établissement du diagnostic de la maladie d’Alzheimer ont été publiées (lire le post ici). Cette nouvelle a suscité son lot de réactions au sein de la Ligue Alzheimer. Florilège.

L’avis du Conseil scientifique

Du côté du Conseil scientifique de la Ligue Alzheimer, on salue cette avancée.

Professeur Jean-Louis Pepin (CHR Citadelle)

« Je pense que ces nouveaux critères reflètent les progrès des techniques de dépistage précoce ainsi que notre meilleure compréhension des mécanismes de la maladie d’Alzheimer. Ils vont permettre à la recherche de disposer de groupes plus homogènes de patients pour un suivi longitudinal de nouvelles thérapies.

Dans la pratique clinique usuelle, ils posent question notamment dans la mesure où pour l’instant il n’y a pas de traitement préventif de la maladie. Une réflexion éthique doit être envisagée concernant la découverte d’une maladie d’Alzheimer au stade présymptomatique et la révélation du diagnostic au patient. »

Professeur Adrian Ivanoiu (Cliniques universitaires Saint-Luc) :

« (L’établissement de ces nouvelles directives) est important dans la mesure où ce changement de critères de diagnostic a été adopté par une des associations les plus influentes dans le domaine : l’Alzheimer’s Association, en collaboration avec le National Institute on Aging.

L’essentiel de ce changement est le suivant :

-         La reconnaissance de trois stades pour la maladie

-         La reconnaissance d’une absence de relation simple et linéaire entre la présence/quantité/type de lésions et les troubles cliniques. Ainsi, des sujets portant des lésions pourraient ne pas (encore ?) avoir des symptômes

-         L’acceptation des biomarqueurs (dans le liquide céphalorachidien, imagerie par PET scanner ou RMN) comme outils aidant au diagnostic

Beaucoup de ces recommandations étaient déjà appliquées en pratique (celles relatives aux biomarqueurs, par exemple). Il est toutefois important de souligner que les nouveaux critères nécessitent une validation avant d’être utilisés de manière plus large. C’est particulièrement vrai pour les deux premiers stades de la maladie. Cela impliquera de corroborer les données obtenues du vivant du sujet avec l’examen du cerveau obtenu après le décès. Cela veut dire qu’il faudra encore des années avant de connaître la fiabilité de ces critères, car les patients dans les stades précoces de la maladie ont une espérance de vie beaucoup plus longue. L’importance réside en fait surtout en matière de recherche, où ces critères seront déjà d’application. »

L’avis de la Ligue Alzheimer

Sur la question du diagnostic « précoce », la Ligue Alzheimer se positionne en deux temps. L’association est en faveur d’une détection anticipée de la maladie, qui permettra à la personne qui en est atteinte de s’informer plus tôt et d’être plus à même de prendre les décisions propres à sa vie et aux soins dont elle souhaite bénéficier à l’avenir.

La Ligue Alzheimer est en revanche plus sceptique quand il s’agit de mener une réflexion sur la possibilité d’établir un diagnostic des années avant l’apparition des premiers symptômes : en l’absence de traitement et de connaissances précises quant à la prévention de la maladie, un dépistage généralisé serait-il réellement opportun ?

 

 

L’avis de Louis, aidant

Nous avons posé la question à Louis, qui fut pendant des années l’aidant principal de son épouse atteinte de maladie d’Alzheimer. Pour Louis, il n’est pas opportun d’établir un diagnostic aussi longtemps à l’avance à l’heure actuelle.

« Le seul résultat, c’est qu’on se tracasse : pour soi, pour sa famille,… Tout ça alors qu’on ne peut en fait rien faire. S’il y a des avancées au niveau scientifique, alors oui, ça peut être intéressant. Mais pas pour le moment.

Tout dépend aussi de la personne à qui on annonce la nouvelle. Dans notre cas, j’estime qu’on l’a su assez tôt.

En tout cas, dès que le diagnostic est posé, le patient et la famille devraient être pris en charge. Etre bien suivi aide à tenir le coup, à mieux surmonter les difficultés et à appréhender la situation plus sereinement. »

Et vous, qu’en pensez-vous?

Vos questions, réflexions, commentaires sont les bienvenus! Ce blog est aussi le vôtre!

A.D.

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